Art postal militant
Éric Bensidon m'envoie cette fois-ci un courrier pour rendre hommage à Séverine.
Mais qui était Séverine ? Femme libre et militante engagée, socialiste, ensuite communiste, elle succéda à Jules Valles à la direction du journal "Le cri du Peuple". Elle le quitta en 1888 suite à un conflit avec Jules Guesde, qu'elle jugeait, à l'époque, trop marxiste. Pacifiste, elle condamna l'union sacrée en 1914 et adhéra à la SFIO en 1918. Collaboratrice à l'Humanité, elle adhéra en 1921 au parti communiste, qu'elle fut obligée de quitter à cause de sa participation à la création de "la ligue des droits de l'homme".
La vie privée de Séverine fut aussi riche que sa vie politique. Née Caroline Rémy, elle se sépara de son premier mari, Montrobert, et attendra que le divorce fut autorisé en France pour épouser en seconde noce le docteur Adrien Guebhard (1824-1924). C'est grâce à la fortune de ce médecin, héritier d'une famille Suisse fortunée, qu'elle sauvera le journal "Le Cri du peuple" alors en difficulté financière. Dans sa jeunesse sa beauté attira le sculpteur Rodin. Au cours de séances de croquis en vue de réaliser son buste, l'artiste lui fit des avances appuyées. Mal perçues par Séverine, elle mettra fin aux séances de pose, mais le sculpteur réalisera tout de même son buste en marbre. Cette jeune et belle femme, très recherchée, sera remarquée par un autre grand artiste, Pierre Auguste Renoir, qui réalisa un tableau d'elle. Une autre rencontre, plus anodine, c'est celle de Séverine avec Henri Bauquier, le 14 mai 1912. A cette occasion, elle lui dédicaça sa photo. Ce dernier sera le fondateur du Musée du Vieux Nîmes en 1920. Ce document se trouve dans les archives du musée. Séverine décédera en 1929.
En 1934, le conseil municipal de Nîmes délibère sur plusieurs noms de rues ou de places. La délibération sur le nom de la Place Séverine (rond-point sud de l'avenue Jean-Jaurès) sera contestée. Un certain Colonel Blanchard (opposition de droite) émet des réserves sur ce personnage qui a toujours combattu les spectacles taurins. Ironique, il indique qu'on a qu'à donner son nom a la Place des Arènes en commentant :"Séverine régnant, il n'y aurait plus de corridas de toros". M. Dugas (opposition de droite) précise qu'il serait curieux de voir le Conseil Municipal de Nîmes consacrer l'adversaire acharné de nos libertés !
Au cours de cette séance du conseil municipal, on nomma le rond-point nord de l'avenue Jean-Jaures, place Jules Guesde. Pied de nez à l'histoire, car c'est l'avenue Jean-Jaurès, référence incontournable de la gauche Française qui relie ces deux personnalités, un moment antagonistes et pourtant de même sensibilité politique.
À l'intérieur de son enveloppe 2 cartes.
L'une pour rendre hommage aux victimes algériennes massacrées et jetées dans la Seine le 17 octobre 1961.
Un des principaux responsables de cette barbarie raciste est Maurice Papon, le préfet de police de Paris au moment des faits, déjà connu pour avoir organisé la déportation des juifs à Bordeaux en 1942. (Voir ici)
La seconde carte, plus sympa, est un hommage à Ray Johnson, peintre et illustrateur américain avant-gardiste, proche du pop art et de Fluxus, né le à Détroit dans le Michigan et décédé le .
Considéré comme le père fondateur de ce courant artistique (1962), Ray Johnson crée la « New York School of Correspondance » définie comme une « non-école ».
Il définit le Mail Art comme étant « secret, privé et sans règle »
Mais le Mail Art ne restera pas secret et privé bien longtemps.
Il va s'étendre et des réseaux vont se créer, pour connaître un véritable essor dans les années 1970.
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