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12 Apr

Les encres brodées d'Élisabeth Baillon

Publié par Éric Babaud  - Catégories :  #dessin, #découpage, #installation

 

 

 

Élisabeth Baillon

A 20 ans, Elisabeth Baillon développe une technique personnelle et autodidacte de broderie à la machine. En 1972, elle s’installe sur le plateau du Larzac dans une forteresse qu’il faudra défendre pendant 10 ans contre un projet de camp militaire. Son inspiration suit ce mouvement militant. Après la création de l’écomusée du Larzac dans les années 80, sa technique de broderie de laine se complète de dessins à la plume. Enfin en 2007, elle enrichit le dialogue de la laine et de l’encre par le transfert de photos sur toile et poursuit son travail sur la mythologie familiale.
 

"La danseuse et le fort des Halles", encre, transfert de photo et broderie de laine sur toile d’Élisabeth Baillon

"La danseuse et le fort des Halles", encre, transfert de photo et broderie de laine sur toile d’Élisabeth Baillon

« Broder pour moi c’est voyager sur un tissu ! Au départ un dessin, net, précis comme une carte d’état major. De la machine « brodante » sort une chaînette de laine, route minuscule, aussi fine qu’un crayon, aussi agile qu’un pinceau. Toutes les formes seront entourées, labourées en rythmes concentriques. Circulation incessante ramenant chacune d’elles vers son noyau. Point par point sous ce réseau coloré la toile disparaîtra. La vitesse de la machine, son parcours alerte sur la toile entraînera toutes les rêveries vagabondes. Son bruit de petit tracteur couvrira tous les autres bruits, donnant à ma démarche la joie solitaire du coureur de fond. »

"Marie la délicieuse", encre, transfert de photo et broderie de laine sur toile d’Élisabeth Baillon

"Marie la délicieuse", encre, transfert de photo et broderie de laine sur toile d’Élisabeth Baillon

« Retour vers la toile, mais là, surprise ! Perdu le désir de lutter contre sa noirceur, perdue la volonté de le recouvrir de lumière. Partir cette fois-ci du blanc, en apprivoiser la blancheur d’hostie. Oser la tacher non sans remords et l’imbiber de jus et encres diverses. Cela déborde sans discipline et capillarise en douce dans votre dos. Mais le dessin surnage, il se construit ; puis il est gratté, ombré, griffé comme une sorte de tatouage à la plume. La chaînette entoure cette ossature, elle la borde et la brode de sa matière laineuse. Telle une bonne mer elle n’en recouvre plus la géographie intérieure. » Élisabeth Baillon

"Le retour de basson" Hommage à son père musicien

"Le retour de basson" Hommage à son père musicien

« (…) Il y a du nuage dans ces plages, de la force dans ces articulations, du vent dans ce réseau aérien en forme de poumon. Il y a un œil rêveur derrière la femme joyeuse et le passé resurgit aujourd’hui, où la tendresse s’est armée. Les personnages d’il y a vingt ans, à l’œil innocent, recyclent les puissantes carapaces. Avec une machine à broder, de l’encre de Chine, une simple étoffe Elisabeth a inventé son propre langage artistique, dans une liberté radieuse et radicale. » Ariane Grenon

"Vers les nuages", encre et broderie de laine sur toile d’Élisabeth Baillon

"Vers les nuages", encre et broderie de laine sur toile d’Élisabeth Baillon

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