La Llorona
Hier soir notre fille Joana nous a présenté le film de Jayro Bustamente "La Llorona" (de 2019, sorti en France en 2020) dont elle avait étudié des extraits à la fac l'an dernier et que son frère vient de lui offrir en DVD.
(Eh oui, les salles obscures étant fermées, on organise des séances de cinéma sur petit écran en famille à la maison...)
Belle soirée, beau film
La Llorona pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le général responsable du massacre est acquitté. Il reste hanté par la Llorona. Serait-ce Alma, la nouvelle domestique ? Est-elle venue punir celui que la justice n’a pas condamné ?
La Llorona (La Pleureuse) est une légende mexicaine qui connait plusieurs versions d’une femme fantôme qui déambule dans les rues le soir en pleurant. Certains disent qu’il s’agirait de l’âme de La Malinche, femme amérindienne devenue esclave qui fut offerte aux espagnols pendant la Conquête du Mexique.
De nos jours, la légende de la Llorona continue d’exister dans toute l’Amérique Latine à travers les arts, comme la poésie, le théâtre, la littérature et le cinéma.
Le mythe de la Llorona a inspiré de nombreuses artistes et écrivaines postmodernes hispano-américaines, qui ont converti cette Femme qui pleure mexicaine en une icône identitaire plus positive que dans la tradition orale classique.
Dans son film, Jayro Bustamante utilise cette légende comme symbole latino-américain afin de dénoncer la colonisation, mais surtout le génocide qui s’est produit entre 1982 et 1983. A cette époque, 1771 indigènes Maya-Ixil furent assassinés par le dictateur guatémaltèque, le général Rios Montt.
A travers son adaptation, le producteur guatémaltèque a réinventé le personnage de la Llorona pour le transformer en justicière, en une Madre Tierra pleurant la mort de ses enfants disparus. Dans son film, elle cesse d’être une mère matricide, abandonnée par un homme comme dans le mythe initial. Elle se transforme en un esprit vengeur de ses deux enfants et, plus largement, du peuple maya duquel ils faisaient partie.
Fort heureusement, la riche culture Maya, est aujourd'hui, officiellement reconnue et protégée.
C'est notamment le cas dans le Yucatán où, à Mérida, j'ai eu l'opportunité de visiter - avec ma fille - le très beau "Gran Museo del Mundo Maya".
/image%2F0904239%2F20210116%2Fob_466ecc_la-llorona.jpg)